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Le livre du Dr Juvin est le résultat d’observation faites au cours de deux séjours qu’il fait en Russie après la Révolution de 1917.
À la fin de l’année 1918, il débarque en pleine terre russe troublée. À l’issue de la malheureuse expédition d’Odessa, il rentre en France en avril 1919, puis repart la même année en Russie du Sud, auprès de l’armée Denikine. Il connait alors le sombre hiver 1919-1920, observe la retraite et le désastre de Denikine en mars 1920, la prise de pouvoir de Vrangel et son œuvre en Crimée.
De là, il se rend au Caucase, dans la République socialiste géorgienne, en Arménie…
Le 1er janvier 1921 le trouve à Tiflis, où il reste jusqu’en mars ; à cette époque, la Géorgie socialiste tombe aux mains des bolcheviques russes. En avril 1921, après un séjour à Constantinople, il reprend le chemin de France.
Ces observations, qu’il a retracées aussi fidèles que possible, peuvent être taxées de partialité, parce que défavorables au bolchevisme ; elles ne sont pourtant que la peinture de réalités vécues, réalités quelque fois très angoissantes et toujours impressionnantes. Elles sont telles parce que toute observation faite en Russie est obligatoirement défavorable au bolchevisme… Le Dr Juvin n’est d’ailleurs pas un libéral, parce que le bien et le mal n’ont pas la même valeur pour lui, et, qu’au risque de faire sourire certains, il croit qu’il y a une vérité et une erreur. Il croit qu’il est plus agréable d’habiter un pays où l’on mange, où l’on est vêtu, logé et tranquille, qu’un pays où l’on meurt de faim, où l’on va en haillons, où l’on court le risque, à chaque instant, d’être emprisonné ou fusillé. |