|
La période était tragique. Celle de l’après-guerre, lourde d’épuration politique. Malgré les procès, les années de prison qui pleuvaient, malgré toutes ces mains que l’on voyait derrière les barreaux de Fresnes, malgré le bagne, les poteaux et Thiais, François Brigneau imagina ce roman d’un genre nouveau. Peter Cheney, Albert Simonin, Auguste Le Breton, Alphonse Boudard, Michel Audiard, San Antonio ne l’avaient pas encore fait exploser dans le public. C’était une histoire de voyous, racontée en argot de Grand-Guignol, dans un méli-mélo d’action, de violence, de farce, de mouvement, de tendresse et d’amitié. Telles étaient du moins ses intentions. Afin que nul n’ignore la raison de ce divertissement emprunté au grand banditisme, il écrivit sur la page de garde « Pour distraire mes potes qui sont encore dans le trou. » |