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Issu d’un milieu de la petite bourgeoisie belge, Robert Poulet vit une jeunesse aventureuse : après avoir combattu dans les corps francs durant la 1re Guerre mondiale, il tente sa chance comme scénariste de cinéma et acquiert une notoriété d’écrivain. Il connaît un parcours intellectuel complexe et non conformiste, qui l’amène au fascisme et à l’anarchisme de droite. Durant la Seconde Guerre mondiale, il fonde le quotidien Le Nouveau journal et défend une politique de collaboration conditionnelle avec le IIIe Reich. Il soutient politiquement le roi Léopold III. Arrêté et condamné à mort en 1945, Robert Poulet voit ensuite sa peine commuée en exil. Il s’installe en région parisienne, où il exerce une activité d’éditeur et de critique littéraire. Il est l’éditeur du Pont de Londres, la seconde partie de Guignol’s band, de Louis-Ferdinand Céline. Dans l’incipit de Rigodon, Céline le décrit de la manière suivante : « Je vois bien que Poulet me boude... Poulet Robert condamné à mort... il parle plus de moi dans ses rubriques... autrefois j’étais le grand ceci... l’incomparable cela... maintenant à peine un petit mot accidentel assez méprisant. Je sais d’où ça vient, qu’on s’est engueulé... à la fin il m’emmerdait à tourner autour du pot !... vous êtes sûr que vos convictions ne vous ramènent pas à Dieu !»
Les articles de Robert Poulet consacrés à la littérature furent très appréciés des lecteurs de l’hebdomadaire Rivarol.
« Trouverez-vous autant de plaisir que moi à lire ce Robert Poulet de Jean Rimeize, écrit avec intelligence, écrit avec cour, écrit avec l’intelligence du cour ? C’est tout le mal que je vous souhaite ! Qui était Robert Poulet ? Un grand monsieur. Tout simplement. Un type courageux. À l’échine raide et à l’âme tendre. Qui avait l’écriture dans la peau. Pamphlétaire ? Bien sûr. Mais je souhaite – et Rimeize a eu raison d’y insister – que ce livre fasse (re)découvrir le Robert Poulet romancier. Nous ne serions pas une époque de nains, son livre L’homme qui n’avait pas compris serait donné à étudier à ceux qui ont vocation à l’écriture. Mais nous ne serions pas dans une époque de nains qui colonisent la « grosse presse » et l’intégralité des médias, il y a longtemps que Poulet aurait suscité de denses et savantes études. En voilà une. La première du genre. Propre à en inspirer, on veut le croire, quelques autres. Elles n’auront pas, de toute façon, sauf miracle, cette pro xi mité sympathique qui arrache ce beau livre aux sorbonneries de circonstance » (Alain Sanders). |