|
Quatre-vingt-dix ans après la fin de la Première Guerre mondiale, les ouvrages consacrés à cette première grande catastrophe du XXe siècle sont pléthore. Les causes, le déroulement, les batailles et les victoires sont amplement documentés et analysés dans de prestigieux volumes.
Pourquoi alors publier encore un récit de cette période sanglante?
Pour chaque époque décrite dans nos livres d’histoire, il y a toujours une « petite histoire », celle de femmes et d’hommes anonymes, qui ont vécu au premier rang des moments dramatiques: ceci est naturellement vrai aussi de la Première Guerre mondiale.
Le propos du présent ouvrage est tout simplement de remettre en perspective la place de quelques oubliés de l’histoire officielle de la Grande Guerre: celle des « poilus d’Orient », les soldats du Corps expéditionnaire du général Sarrail à Salonique, celle du peuple serbe et de milliers d’inconnus au cours des mois d’octobre, novembre et décembre 1915.
Grâce aux témoignages de ces derniers, acteurs involontaires des événements dans les Balkans durant cette période, nous allons parcourir une page sombre de l’histoire de la Serbie, à laquelle la France se trouve intimement liée.
Notre récit s’articule autour du journal d’un jeune Serbe, Mom©ilo Seleskovi¢, blessé lors de la bataille de Belgrade en 1914. Rendu à la vie civile, il fait partie des milliers de personnes qui se trouvent entraînées dans le « Golgotha » serbe, la traversée des montagnes albanaises pendant l’hiver 1915, sur les pas de l’armée serbe.
Au cours de ce périple, nous rencontrerons des Français et des Serbes, luttant côte à côte contre l’envahisseur venu du Nord, des hommes et des femmes, civils et militaires, journalistes et médecins accourus de France, secourir leur allié serbe.
A cette époque troublée, personne ne mettait encore en doute le caractère indéfectible les liens d’amitié unissant depuis plusieurs siècles nos deux peuples, français et serbe.
L'auteur
Née en 1949, Anne-Marie Widlund-Fantini est interprète de conférence, diplômée de l’École Supérieure d’Interprètes et de Traducteurs en 1975. Après une carrière de free lance, elle intègre la fonction publique européenne en 1995 et dirige aujourd’hui la division française de l’interprétation au Parlement européen. Elle est l’auteur de plusieurs articles consacrés à l’interprétation de conférence et d’une biographie, Danica Seleskovitch – Interprète et témoin du XXe siècle, publiée à L’Age d’Homme en 2007. Mémoires de cendre est son second livre.
|