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Déjà connu dans le monde entier pour ses travaux sur l'origine du capitalisme et la genèse de l'esprit bourgeois, Werner Sombart (1863 - 1941) publie en 1934 son célèbre essai sur Le socialisme allemand. Il y définit ce que pourrait être un socialisme "pour l'Allemagne", qui rejetterait d'un même mouvement les principes libéraux et le marxisme prolétarien et permettrait à l'homme moderne de sortir du "désert de l'ère économique". Il y examine aussi les notions-clés de communauté et d'Etat, et propose une vision nouvelle de la société. Le socialisme est pour lui un principe général qui doit être adapté aux particularités nationales et à la mentalité des peuples. Cette démarche prolonge une préoccupation qui trouve son origine dans les débuts mêmes du mouvement ouvrier allemand. En France, lors de sa publication, Le Matin vit dans cet ouvrage île couronnement de l'oeuvre de Werner Sombart". Le socialisme allemand fut en revanche très mal reçu par les idéologues hitlériens, qui critiquèrent avec virulence sa manière hérétique de combiner le national et le social et déclarèrent qu'il était l'exemple même du livre qu'on ne devrait pas écrire ! Ancien professeur aux universités de Breslau et de Berlin, Werner Sombart fut à la fois économiste, historien et sociologue. Disciple de Marx dans sa jeunesse, ce qui lui valut une réputation de "professeur rouge", il participa avec Max Weber au débat sur le rôle des facteurs religieux dans la naissance du capitalisme moderne et souligna l'importance de la psychologie historique dans l'analyse de la modernité. Dans les années vingt, il exerça une influence considérable sur les auteurs de la Révolution conservatrice. Le socialisme allemand est l'un de ses derniers livres, en même temps qu'une de ses oeuvres fondamentales. Il y résume les convictions, sans cesse affinées et corrigées, qui furent les siennes toute sa vie durant : critique de la société marchande, mise en accusation de la technique moderne et d'un capitalisme déshumanisant.
Collection Révolution Conservatrice, sous la direction d'Alain de Benoist |