|
Traducteur : Anne-Laure Vignaux Format
Kristin Ross retourne au langage politique du mouvement, préservé dans les tracts, les pamphlets et les films documentaires de l’époque, et évoque les traces d’un climat, d’une configuration sociale et d’une subjectivité politiques particuliers, oubliés par ceux qui, plus tard, ont prétendu incarner le mouvement.
Voici une analyse critique de la façon dont la mémoire officielle de 1968 a été façonnée pour servir des intérêts politiques étrangers aux aspirations propres du mouvement. L’auteur montre ainsi comment un mouvement éminemment politique, avant tout soucieux d’égalité, s’est vu assigner une histoire totalement neuve et contrefaite, qui a rayé du tableau la violence policière, les décès de participants, l’adhésion des travailleurs et, surtout, a gommé toute trace d’anti-américanisme et d’anti-impérialisme. Kristin Ross retourne au langage politique du mouvement, préservé dans les tracts, les pamphlets et les films documentaires de l’époque, et évoque les traces d’un climat, d’une configuration sociale et d’une subjectivité politiques particuliers, oubliés par ceux qui, plus tard, ont prétendu incarner le mouvement.
Auteur(s) :
Kristin Ross est professeur de littérature comparée à la New York University. Mai 68 et ses vies ultérieures est son troisième ouvrage sur la culture politique francaise moderne. Son premier ouvrage, The Emergence of Social Space : Rimbaud and the Paris Commune (1988), traitait de la culture politique de la gauche à la fin du XIXe siècle. Son étude de l'histoire culturelle de la France au tournant des années soixante, Aller plus vite, laver plus blanc, est parue en France en 1997, traduite par Sylvie Durastanti. Kristin Ross est en outre traductrice d'un ouvrage de Jacques Rancière, Le Maître Ignorant (The Ignorant Schoolmaster, Stanford, 1990), et l'éditrice, avec Andrew Ross, d'une collection d'essais, "Antiamericanism" (NYU Press, 2004).
|