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Le Politiquement Correct se présente souvent sous la forme d'un discours incohérent. Il " légifère " sur la limitation de vitesse, interdit l'utilisation de certains mots et expressions, attise la peur des manipulations génétiques, ... Ceci provient du fait que, contrairement aux religions et doctrines des siècles passés, le Politiquement Correct n'est pas un système. Il n'a pas de père fondateur et ne se soucie guère de formuler une doctrine. Ces caractéristiques rendent le scalpel bien aiguisé indispensable pour mener à bien son analyse. Ses nombreuses manifestations, parfois cocasses, sont passées, dans ce livre, au filtre méthodologique de la généalogie nietzschéenne.
La généalogie recherche les forces qui s'expriment dans le Politiquement Correct, leur originalité, leur manière de s'imposer, ainsi que le type humain du Politiquement Correct. Elle veut dévoiler ce qui se trouve à l'origine des faits les plus surprenants d'une époque. Le précipité obtenu est composé de trois éléments : le ressentiment, la négation de l'individu et le communautarisme.
Le ressentiment impose la loi du plus faible. En chassant l'homme actif dans la catégorie des " méchants ", par la mauvaise conscience, il empêche sa réalisation. À rebours, il qualifie le faible de " bon " et lui donne un droit sur le fort. La condamnation de l'individualisme est amplifiée jusqu'à la négation de l'individu, qui éradique toute velléité d'autonomie. Le Politiquement Correct cherche à empêcher la réflexion pour rendre docile l'homme moderne et lui offre moult divertissements pour combler le vide de sa pensée. Le communautarisme regroupe les moutons Politiquement Correct en troupeaux tous différents mais tous égaux. Le Politiquement Correct réalise ainsi " l'impossible synthèse " de l'égalitarisme et du communautarisme.
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