|
Avec nostalgie et sensibilité, Gérard nous livre au cours de ces pages son vécu et sa vision de la Guerre d'Algérie : sa foi en la camaraderie, le respect et l'honneur, son désir de surpasser ses limites physiques et mentales, ses expériences du feu et des combats, son engagement aux côtés de ses chefs… mais aussi ses désillusions devant les mensonges du pouvoir, son amertume devant les sacrifices inutiles de vies humaines…
Bien qu'assumant son engagement du côté des putschistes du 21 avril, Gérard évite toute prise de parti caricaturale, relatant les erreurs et exactions commises par le FLN et l'OAS.
Il nous donne avec simplicité et sincérité son point de vue de Pied-Noir et de combattant, sans rhétorique ou pathos. Son unique désir est que les évènements menant à l'exil de milliers de Français d'Algérie ne tombent jamais dans l'oubli.
Descendant d’une famille d’officiers de l’armée française, je suis né pendant la guerre 39 45 à Marrakech, d’un père fils d’éditeur qui prospectait le livre dans le monde, et d’une fille de colonel de spahis, elle aussi née au Maroc. C’est dans l’univers magique de cette oasis, que j’ai été élevé, que j’ai grandi, que j’ai appris à vivre avec les autres, que je suis allé à l’école puis au collège avec les Juifs et les marocains qui composaient nos classes. J’ai subit la période douloureuse de l’indépendance du Maroc, en sachant qu’il s’agissait d’un protectorat donc d’une fin annoncée.
Ce que nous n’acceptions pas, c’est l’idée de voir disparaître nos départements d’Algérie. C’est pour cela que je me suis engagé dans l’armée avec mes copains, et que nous avons combattu tout ce qui était contre nos idées de pieds-noirs. J’ai vécu deux phases importantes de ces cinq années : La phase importante de la formation et de l’action de la découverte des unités de combat, unies et motivées au maximum de leurs missions et la phase descendante, celle des illusions perdues, des dissolutions, de la fuite, la fin de l’idéal pour retrouver une vie civile dans laquelle il fallait se reconstruire. Je savais que l’on pouvait enlever un homme d’un pays, mais que l’on ne pouvait pas enlever le pays du cœur de l’homme.
|