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"C’était le temps où je comptais les jours qui me séparaient de la mort ou d’un retour vers l’obéissance aux dignes lois des hommes. J’étais certainement otage d’une sorte de trouble pathologique, où ma personnalité avait été atteinte. Il y avait la guerre, et l’aspiration au repos. Et par moment, celle-ci se faisait insistante. Retrouver la conscience d’antan et la vie tranquille qui va avec… S’étonner soi-même de parvenir à croire qu’un monde meilleur est possible. Devenir un authentique citoyen du monde…
Au lieu de quoi : la fin d’un rêve et puis la fuite. Non, je n’avais pas déserté. C’est d’un commun accord que nous nous étions résolu à la dispersion. Parce que le combat était alors devenu inutile. Nous n’étions pas de ces désespérés qui allaient actionner leurs ceinturés d’explosifs au milieu de la foule dans l’espoir de gagner le Paradis.
Quoi qu’il en soit, pour moi, la lutte se poursuivait. J’étais résolu à échapper aux autorités de tous ordres, du simple policier au juge du Tribunal International qui avait mis ses limiers sur ma trace."
Des montagnes du Kosowo aux vignes du Midi, un périple et une histoire d'hommes dans une Europe en crise.
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