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Agone 31 et 32 :: L’exemple américain
 
Agone 31 et 32 :: L’exemple américain Quantité dans le panier : Vide
Code : 031-RVBLAG
Prix : 21,00€

Éditeur : Agone
Date : 16/09/2004
Format (cm) : 15 x 21 cm
Pages : 304
Quantité :
 
Nous devons être en mesure de proposer un nouveau programme libéral qui fasse appel à l’imagination. Nous devons à nouveau faire de la construction d’une société libre une aventure intellectuelle, un acte de courage. Ce dont nous manquons, c’est d’une utopie libérale, un programme qui ne serait ni une simple défense de l’ordre établi ni une sorte de socialisme dilué. Mais un véritable radicalisme libéral qui n’épargne pas les susceptibilités des puissants (syndicats compris), qui ne soit pas trop sèchement pratique, et qui ne se confine pas à ce qui semble politiquement possible aujourd’hui. Nous avons besoin de leaders intellectuels, prêts à résister aux séductions du pouvoir et de la popularité, et qui soient prêts à travailler pour un idéal, quand bien même ses chances de réalisation seraient maigres. Ils doivent avoir des principes chevillés au corps, et se battre pour leur avènement, même s’il semble lointain. Le libre-échange et la liberté d’entreprendre sont des idéaux qui peuvent encore éveiller l’imagination des foules. Mais un simple « libre-échange modéré » ou un « assouplissement des réglementations » ne sont ni respectables intellectuellement ni susceptibles d’inspirer le moindre enthousiasme. La principale leçon qu’un libéral conséquent doit tirer du succès des socialistes est que c’est leur courage d’être utopiques qui leur a valu l’approbation des intellectuels ainsi que leur influence sur l’opinion publique, qui rend chaque jour possible ce qui, récemment encore, semblait irréalisable. Ceux qui se sont souciés exclusivement de ce qui semblait réalisable dans tel état de l’opinion se sont constamment rendu compte que tous leurs projets devenaient politiquement impossibles en raison de l’évolution d’une opinion publique qu’ils n’avaient rien fait pour guider. Si nous retrouvons cette foi dans le pouvoir des idées qui fut la force du libéralisme dans sa grande époque, la bataille n’est pas perdue.

Friedrich Hayek, 1949

Liberté d’expression. Le Premier Amendement en question, Howard Zinn
Le Premier Amendement avait été adopté en 1791 et intégré à la Déclaration des droits afin de répondre aux critiques adressées à la Constitution au moment de sa ratification par l’opinion publique. On promit alors qu’à la mise en place du premier gouvernement une Déclaration des droits accompagnerait la Constitution, et c’est ce qui fut fait. Depuis lors, cette Déclaration est célébrée comme le fondement même de nos libertés. Pourtant, comme je vais tenter de le montrer maintenant, penser que la seule existence du Premier Amendement garantit notre liberté d’expression est une profonde erreur. Une erreur qui peut, parfois, nous coûter non seulement la liberté mais également, dans certaines circonstances, la vie.

Points de vue américains (I)

- Big government is watching, Nat Hentoff

- Militarisme messianique, Matthew Rothschild

- Refouler le XXe siècle, William Greider

La parenthèse populiste. Comment la gauche abandonne le peuple, Serge Halimi
Des ménagères antiféministes qui, par peur d’un monde qu’elles ne comprennent plus, se raccrochent désespérément à la famille traditionnelle ; des ouvriers et des employés blancs qui n’apprécient pas les leçons de tolérance raciale que leur donnent des privilégiés. Au total, des millions d’individus obscurs « qui souffrent et qui confondent ceux qui souffrent comme eux avec ceux qui les tourmentent » ont déserté les rangs d’une gauche qui paraît les avoir abandonnés, et avec eux l’idée de bien commun. Quiconque cherche à expliquer l’essor du conservatisme américain ne peut que buter sur ce changement de camp d’une fraction des catégories populaires. L’explication vaudra pour d’autres pays, dont la France. Ceux qui sont en colère se trompent parfois de colère.

Racisme blanc en col bleu, Andrew Kopkind
Les tentatives des militants syndicaux visant à former des groupes politiques en dehors du parti démocrate – ou de s’opposer aux positions orthodoxes – sont rapidement étouffées. Un responsable syndical rapporte : « Le sommet craint en fait la naissance d’une nouvelle organisation. Ils ont peur que les membres votent “mal”. » Les coups de sabre des centrales en direction des initiatives politiques indépendantes sont effroyables et rapides : quand une organisation non affiliée au parti, fondée pour faire campagne pour le non lors d’un référendum sur le droit au travail en Ohio, essaya de poursuivre sur cette voie victorieuse dans le domaine électoral, les dirigeants syndicaux nationaux et locaux coupèrent tout soutien. Ainsi fut tuée dans l’œuf la force politique la plus prometteuse qu’ait connue l’Ohio pendant toute une génération.

Stratégies des multinationales & ripostes ouvrières aux États-Unis, Marianne Debouzy
Après la Seconde Guerre mondiale, les multinationales apparaissaient comme le fer de lance de la nation américaine et le plus sûr garant de sa prospérité. Tel était bien le sens de la formule du PDG de l’industrie automobile devenu ministre de la Défense : « Ce qui est bon pour General Motors est bon pour l’Amérique. » Qui, dans la classe ouvrière, prendrait aujourd’hui au sérieux cette affirmation ? Pour avoir subi licenciements massifs, dislocations et déclassements en tous genres, les ouvriers ont de quoi être sceptiques quant au souci qu’auraient les multinationales du bien commun. Mais ont-ils les moyens de les combattre ? Car si les travailleurs américains sont capables de mener des luttes dures, elles n’impliquent qu’un nombre limité d’ouvriers et restent presque toujours locales. Et il est rare qu’elle devienne un mouvement social politiquement significatif.

Le contrôle de la société civile, Sheldon Rampton & John Stauber
La dégradation du milieu politique a créé un vaste éventail de possibilités pour l’industrie des relations publiques. Au fur et à mesure que les citoyens s’éloignent avec dégoût du processus politique, les agences-conseil prennent leur place et inversent le sens de la « politique citoyenne ». Ils créent ainsi, ex nihilo, en fonction des besoins de leurs clients, des « associations de base » qui servent les intérêts des élites. Le terme de « lobbying synthétique » désigne les associations écran qui peuvent désormais être créées sur mesure. Le magazine Campaigns & Elections définit « la démocratie synthétique » comme un « système où l’on crée artificiellement un courant d’opinion favorable à un point de vue donné. L’objectif étant soit d’imposer ce point de vue à des militants non informés, soit de diffuser des techniques de manipulation servant à les recruter ».

Points de vue américains (II)

-Sous la culture des fondations, Gina Neff

-Points de vue de la rue, Jamie Kalven

-In memoriam Henry Louis Mencken, Daniel Raeburn

Le populisme de marché, Thomas Frank
Si la Nouvelle Économie a pu nous hypnotiser pendant un temps, il est maintenant évident qu’il n’existe pas sur cette terre de théorie sociale, exceptée celle du droit divin des monarques, qui puisse justifier l’écart phénoménal entre les salaires des dirigeants et ceux des travailleurs (plus de 500 fois). Selon les gourous, le marché est capable de résoudre seul tous les conflits sociaux – avec justice et équité. Et pourtant, ce dont nous avons désespérément besoin pour restaurer le sens de la justice et de l’équité en économie, c’est bien d’une force qui soit capable de s’opposer aux marchés, de refuser de se penser en termes de Marque. Une force qui ne se contente pas de partir en quête d’authenticité. En effet, au bout du compte, il importera fort peu à celui qui paiera l’addition de la « révolution entrepreneuriale » que le type qui le licenciera porte un costume bien coupé ou arbore un piercing à la narine.

La « réforme » de l’aide sociale comme instrument de discipline, Loïc Wacquant
Le but de la « réforme » des aides sociales – discipliner les pauvres – est conforme à l’histoire de l’assistance aux États-Unis sur la longue durée comme à celle de la prison à sa naissance. Il ne doit cependant pas masquer la fonction que la transition du « welfare state » au « workfare state » remplit à l’égard des Américains plus fortunés : la mutation punitive de la politique sociale signifie sans équivoque que nul ne saurait se soustraire au salariat sans encourir une véritable dégradation matérielle et symbolique. Jeter les pauvres en pâture permet de réaffirmer avec éclat le primat idéologique de l’individualisme méritocratique au moment où la généralisation de l’insécurité salariale frappe de plein fouet les classes moyennes salariées et managériales et menace d’ébranler durablement la croyance pratique dans le mythe national du « rêve américain ».

LA LEÇON DES CHOSES

Les effets délétères des «réformes» universitaires, Christophe Gaubert

Les fondements économiques de « l’impérialisme », Max Weber

HISTOIRE RADICALE

Empire & ses pièges. Toni Negri et la déconcertante trajectoire de l’opéraïsme italien, Claudio Albertani

« Marcel Martinet, contre le courant », dossier présenté par Charles Jacquier

- Civilisation française en Indochine

- Vous avez cessé d’être « l’un contre tous ». Lettre ouverte à Romain Rolland

- Le 30 juin de Staline. Qu’avez-vous fait de la révolution d’Octobre ?

ISBN : 2748900278

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