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En coédition avec Agir Ici et Survie
"Il n'est plus possible que des matières premières continuent a dormir, sous prétexte que leur exploitation bouleverserait le mode de vie de ceux qui ont la chance de vivre ou elles se trouvent. Si des peuples, demeures arriérés, ne peuvent ou ne veulent s'occuper de leur mise en valeur, d'autres peuples plus entreprenants viendront le faire a leur place de gré ou de force." Ainsi parlait, en 1951, un ouvrage consacré aux ressources minières de la France et de ses colonies.
Un demi-siecle plus tard, les "peuples entreprenants" - incarnes par une poignée de firmes occidentales soutenues par la Banque mondiale - ne se privent guère, en effet, d'exploiter l'or africain et de bouleverser le mode de vie des populations locales: cadences infernales, normes de sécurité inexistantes, mouvements syndicaux réprimés, pollution catastrophique, etc.
Ces firmes privées, tentaculaires, exploitent aujourd'hui 80% des gigantesques gisements africains. Liées à des trafiquants d'armes, a la famille Bush, a la CIA ou au lobby nucléaire, on les retrouve au Mali, au Ghana, en Tanzanie, en Afrique du Sud et jusque dans les régions en conflit - comme en République démocratique du Congo -, ou elles soutiennent parfois des mouvements armes. Elles sont si puissantes que l'ONU renonce à les sanctionner. Leurs bénéfices sont rapatriés dans des paradis fiscaux, tandis que les pays africains riches en or ne cessent de s'appauvrir...
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