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Après Putain d’usine, Jean-Pierre Levaray nous invite à une nouvelle promenade impromptue au coeur de l’une des mégamachines qui broient et régentent nos vies. Ces deux douzaines d’historiettes vécues exposent, sans vains larmoiements, le désarroi et la colère du monde ouvrier - auquel il ne reste plus guère que les yeux pour pleurer.
C’est bien au « chagrin » que vont encore les ouvriers, ces invisibles qui forment en france une « classe fantôme » plus que jamais méprisée par la sphère politico-médiatique, plus que jamais brimée par les puissances économiques et judiciaires… Ceux, par exemple, qui triment pour l’industrie chimique dans des ateliers qui se délabrent, sur des machines qui se détraquent en attendant délocalisations et licenciements collectifs…
Jean-Pierre Levaray gagne son pain depuis près de trente ans dans une usine chimique de la région de Rouen, appartenant au même groupe que la tristement célèbre AZF. Il anime, outre un petit label de disque et une revue de poésie, la librairie L’Insoumise à Rouen. Putain d’usine, paru chez L’insomniaque en 2002 (et qui s’est vendu à près de 10 000 exemplaires), l’a fait connaître des médias et des sociologues. |