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Ce que l’auteur appelle le printemps ne va pas sans déchirure. C’est une chose douce et brutale. Vous ne devriez pas être surpris de ce mélange. Si vous l’êtes, c’est que la vie vous rend distraits. Vous ne faîtes pas assez attention. Si vous regardiez bien, si vous regardiez calmement, vous seriez effrayés par la souveraineté qu’il y a dans toute séparation, dans la moindre dispute : elle est là, toute bête, toute menue et pourtant constructrice. Pour être là, elle a dû traverser des morts et des déserts. Pour être là, dans l’écriture comme dans la vie, elle a dû livrer des guerres sans pitié.
Ce qu’il appelle le printemps est une chose du même ordre, une chose qui brille comme une solitude attentive ou comme un lutteur couvert de sueur. Rien de tranquille ni de gagné d’avance.
Non, ce qu’il appelle le printemps brise ce cercle-là, comme tous les autres. Cela peut surgir au plus noir de l’année. C’est même un de ces traits : quelque chose qui peut venir à tout moment pour interrompre, casser – et tout au bout du compte, délivrer.
Nous voyons votre étonnement. Nous voyons que vous ne comprenez pas. Nous vous rassurons : l’amour de Philippe pour sa femme, Magali, n’est rien de compréhensible – c’est même ce qui lui permet de tenir dans trois fois rien – un silence, un rire, un départ.
Collection dirigée par Philippe Randa Dua : 223.
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