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Les événements politiques nous révèlent que ce n’est pas en empruntant exclusivement ou la voie électorale ou la voie insurrectionnelle que Lénine, Mussolini, Hitler et Franco ont mené leurs troupes à la victoire.
Lénine a soutenu et prolongé de manœuvres politiques et de succès électoraux la prise par les armes des Palais du Gouvernement de Kérensky…
Mussolini a multiplié et appliqué aux bons endroits de savantes négociations personnelles et une éblouissante escrime tactique eb plus de l’énergie qui se dégageait des gourdins fascistes…
Hitler a appuyé de coups de bélier psychologiques, d’un complot parlementaire et de marches paramilitaires le décompte paisible de ses suffrages toujours plus nombreux…
Si Franco n’avait été que le porteur d’une épée, même tolédane, elle lui serait bien vite tombée des mains…
À la vérité, le pouvoir moderne est devenu chose trop complexe pour qu’on puisse l’enlever, de haute lutte, sans recourir simultanément à toutes les manœuvres – de l’assaut à l’attaque indirecte – et à toutes les armes, de la baïonnette aux gaz. Les hommes qui de 1917 à 1936 ont, en Europe, conquis l’État à des fins révolutionnaires n’ont pas pu se contenter de mettre en marche soit des électeurs, soit des troupes de choc.
Non seulement ils ont dû rassembler à la fois les uns et les autres, mais encore, après une longue période de formation et d’expériences personnelles, il leur a fallu résoudre, sous peine d’échec, des problèmes que les démolisseurs d’autrefois ignoraient ou pouvaient négliger au moins en partie.
L’auteur
Né en 1899, journaliste français, il est membre du Parti communiste français en 1922 avant de faire partie de son Comité Central en 1926 ; il est secrétaire de la section Agit-prop. De 1927 à 1929, il appartient au bureau de propagande du Komintern à Moscou. En 1929, il rompt avec le PC et rejoint la SFIO, puis l’Union socialiste républicaine (USR) ; il compte alors parmi les pacifistes de la gauche néo-socialiste (Notre temps). il fonde le PPF avec Jacques Doriot en 1936. Rédacteur en Chef de L’Émancipation Nationale, puis de La Liberté, il devient Secrétaire Général de la Propagande et Vice-Président du Conseil en 1941 dans le Gouvernement Darlan. D’avril 1942 à janvier 1944, il est Secrétaire d’État à l’Information dans le cabinet Laval, puis Ministre sans fonction jusqu’à son départ en août 1944 pour Sigmaringen. Il se constitue prisonnier en Juillet 1945. Condamné le 14 décembre 1948 aux Travaux forcés à perpétuité, il est gracié en 1953 pour raison de santé et meurt en 1954. Il était le parrain de l’acteur Gérard Philippe dont le père était membre du PPF. Il a écrit deux livres : “Leur combat : Lénine, Hitler, Mussolini, Franco” et le “Programme du Parti Populaire Français” (Œuvres Françaises, 1938).
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