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Julius Evola est à présent, de tous les penseurs rangés, à tort ou à raison, parmi les inspirateurs de la " droite radicales ", le plus traduit, plus encore que Carl Schmitt. Singulière revanche posthume pour un homme qui ne fut presque jamais prophète en son pays, mais revanche logique d'un esprit rebelle au nationalisme et dont le rêve secret fut la constitution d'un Ordre supranational à opposer aux forces de la " subversion antitraditionnelle ".
Ce rêve, Evola le poursuivit de 1928 à 1945, au travers notamment de ses nombreux contacts allemands et autrichiens. C'est une grande partie de cette histoire que retrace, sur la base d'une documentation abondante et souvent inédite pour le public francophone, H. T. Hansen. Evola fut en contact aussi bien avec la mouvance völkisch (à la faveur notamment de la traduction allemande d'Imperialismo pagano en 1933) qu'avec les conservateurs classiques de la grande industrie, les " Jeunes-conservateurs " tel Edgard J. Jung (inspirateur du fameux discours de Marburg du 17 juin 1934, tombé peu après sous les balles nazies), ou encore le cercle du théoricien Othmar Spann, dont les cours étaient suivis par Ernst von Salomon.
Très attentif au rôle d'Evola comme agent de liaison d'un véritable réseau conservateur " gibelin ", l'auteur ne néglige pas pour autant les jugements portés sur lui par des personnalités aussi importantes que Hermann Hesse, Keyserling ou le poète Gottfried Benn. Il explore aussi la question des relations non éclaircies entre Ernst Jünger et Evola.
Une préface de Philippe Baillet tente de cerner les raisons profondes de la persévérance philonazie d'Evola après 1938, soit après une série d'expériences décevantes de son point de vue. On trouvera en fin de volume une précieuse bibliographie allemande de Julius Evola, la plus complète jamais publiée, établie par Alain de Benoist : livres, brochures et articles, traduits depuis 1928 jusqu'à nos jours.
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