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Le sorelisme eut une influence importante en Italie. La révolte de Sorel contre la pensée matérialiste et mécanique attira à lui un courant irrationaliste et activiste déjà à l'oeuvre. Sa préoccupation de la décadence et de l'héroïsme trouva un terrain réceptif dans la conception largement répandue que le Risorgimento avait échoué à apporter un renouveau spirituel et moral. Mais le sorelisme est difficile à délimiter, ses limites sont imprécises du fait de son indétermination politique. Les tendances soreliennes se trouvaient non seulement dans des formes variées de révolutionnarisme prolétarien, mais aussi, quoique plus faiblement, dans le nationalisme révolutionnaire. Le sorelisme pouvait être pour la guerre en Libye ou contre elle, pour l'intervention ou contre. II fut communiste et fasciste, et même libéral-radical. Mais les soreliens possédaient néanmoins des dénominateurs communs marqués. Ils avaient des vues similaires. Le sorelisme voyait dans les extrêmes les seules alternatives. Et, par dessus tout, il désirait une " société de héros ".
Le fascisme fut redevable au sorelisme. Mussolini avait été dans les marges du mouvement avant la première guerre. Le ferment sorelien était, avant-guerre, à la fois un symptôme, et, inconsciemment, un agent efficient dans la préparation du fascisme : par la vogue de la " violence créatrice ", par son révolutionnarisme prolétarien inclinant vers le nationalisme, par son révolutionnarisme nationaliste inclinant vers une " solution " au problème social, et par sa célébration du coup d'Etat récupéré par les Faisceaux de 1915.
C'est tout ceci que développe cette brochure.
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