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Les premiers Ordres chevaleresques ont dû leur naissance à des associations religieuses et militaires, formées le plus souvent sans l'intervention des souverains et presque toujours destinées à défendre le christianisme contre les nations musulmanes. Plus tard, les princes imaginèrent de créer des institutions analogues, mais dépendantes de leur autorité, quelquefois pour doter leurs États d'une force militaire permanente, le plus souvent pour en faire une distinction honorifique qu'ils accordaient aux gentilshommes dont ils voulaient rendre plus étroit l'attachement à leur personne. Les Ordres de la première espèce disparurent successivement à mesure que la cause qui les avait fait na"tre cessa d'exister. Quelques-uns, toutefois, réussirent à, se maintenir, mais en introduisant dans leur organisation des changements qui les transformèrent entièrement. Quant aux seconds, ils ont été conservés avec plus ou moins de soin par les successeurs de ceux qui les avaient fondés, mais non sans éprouver, soit dans leur nombre, soit dans leur régime intérieur, des modifications en rapport avec les révolutions sociales.
Les Ordres qui se confèrent aujourd'hui peuvent être divisés en trois catégories. Quelques-uns, tels que la Toison d'or, la Jarretière et I'Eléphant, ne s'accordent qu'aux souverains ou aux dignitaires les plus éminents; on les désigne ordinairement sous le nom de Grands Ordres. D'autres, comme ceux de Calatrava, de Montesa, etc., sont de simples Ordres de cour qui ne se recrutent que dans les classes privilégiées, et dont les insignes sont exclusivement donnés à la naissance. Enfin, la troisième catégorie se compose des Ordres de mérite, c'est-à-dire de ceux qui sont spécialement destinés à récompenser les services rendus. Ces derniers sont nécessairement les plus nombreux, comme ils sont aussi. les seuls qui constituent une distinction véritablement sérieuse, surtout lorsque, ainsi que c'est l'usage dans les États où les anciens préjugés ont disparu, ils sont accessibles à toutes les conditions sociales sans exception.
Les membres des Grands Ordres sont en général égaux entre eux, et portent tous les mêmes insignes et de la même manière. Ceux des Ordres de cour et de mérite forment, au contraire, presque toujours un certain nombre de classes ou grades qui se distinguent par les dimensions des décorations et la manière de les porter.
Ces décorations sont des plaques, ou crachats, qui se piquent sur le côté, et des étoiles ou croix, qui s'attachent avec un ruban, tantôt sur la poitrine ou à la boutonnière, tantôt en sautoir ou en écharpe. Quant aux colliers., ils ne sont plus guère d'usage que dans les Ordres qui ont des costumes de cérémonie. Enfin, plusieurs Ordres, même parmi ceux de mérite, ont un uniforme militaire, dont les ornements varient suivant les grades.
C'est un principe de droit politique qu'aux souverains seuls -appartient le droit d'instituer et de conférer des Ordres chevaleresques. C'est aussi un autre principe que nul ne peut accepter et porter les insignes d'un Ordre étranger sans l'autorisation expresse de son souverain.
Illustré.
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