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Longtemps après l'exécution de Mata-Hari, en 1917, le procureur devait avouer : "Il n'y avait pas de quoi fouetter un chat." Pourtant, il s'était prêté sans états d'âme à ce qui fut une véritable machination judiciaire... Il est vrai que Mata-Hari faisait une coupable idéale : étrangère, cosmopolite, affichant une liberté de moeurs et des goûts de luxe propres à scandaliser, cette danseuse à l'exotisme sulfureux avait entretenu des relations troubles avec les services secrets allemands. Mais, incapable de recueillir le moindre renseignement sérieux et, a fortiori, de jouer un double jeu lorsqu'elle était passée au service de la France, elle fut immolée sur l'autel de la raison d'État, à un moment de la guerre où jeter en pâture à l'opinion une espionne de haut vol permettait de faire oublier l'impasse sanglante dans laquelle s'étaient enfermés les belligérants. C'est cette machination que démonte ici Léon Schirmann, après des années de recherche et à la lumière des pièces des archives françaises et étrangères qu'il est le premier à avoir analysées de façon exhaustive. Chercheur rigoureux, Léon Schirmann fait définitivement litière des légendes qui ont depuis toujours déformé l'histoire de Mata-Hari. Son livre prouve une fois de plus que la réalité est plus forte que la fiction : héroïne émouvante d'une véritable tragédie classique, livrée à l'implacable cruauté d'un deus ex machina en uniforme, Mata-Hari saura mourir avec un courage et une dignité qui forcent l'admiration. Résistant, titulaire de la Croix de guerre, Léon Schirmann doit à son indépendance d'esprit et à sa longue pratique des méthodes scientifiques un souci de la vérité qui l'a conduit à combattre le mensonge et l'injustice, d'où qu'ils viennent. Il a ainsi obtenu la réhabilitation de quatre communistes exécutés à Hambourg en 1933 sur la base de pièces truquées. Ce livre a permis la demande de révision du procès de Mata-Hari dont la Justice française a été saisie.
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